INFORMATIONS BELGIQUE

Indépendant, voici ce qui va changer pour vous avec la réforme Michel

Publié : mercredi 2 août 2017 Par Marine Martin - Références

Le gouvernement a concocté un paquet de mesures qui impacteront vos finances “perso”.
Voilà ce à quoi vous devez vous attendre si vous êtes indépendant
, relaye l’Écho.

  • Seuil de cotisations pour les starters

Dès le 1e janvier 2018, si vous vous lancez en tant qu’indépendant à titre principal, vous paierez des cotisations sociales selon un nouveau schéma de revenus qui fixe des seuils progressifs pendant les trois premières années.

Actuellement, vous payez des cotisations provisoires calculées sur un revenu forfaire de 13.296,25 euros.
Les nouveaux seuils proposés sont de 4.432,08 euros la première année, 8.864,17 euros la deuxième année et 13.296,25 euros à partir de la troisième année.

> Voir aussi : Quels changements à venir pour les indépendants?

  • Déductions pour investissement

Le taux de la déduction des PME et des indépendants pour les investissements professionnels qui interviendront durant les périodes imposables se clôturant en 2018, 2019 et 2020 vont tripler, passant de 8 à 30%. Le taux redescendra ensuite à 10%.

  • Réduction du mois de carence

Pour l’instant, les indépendants qui interrompent leur activité pour cause de maladie ou accident ne bénéficient pas d’indemnités au cours du premier mois d’incapacité. Ce mois de carence sera réduit: les indépendants percevront une indemnité après deux semaines.

> Lire aussi  : Le travail freelance est de plus en plus envisagé par les Européens

  • Frais forfaitaires

Les montants des frais professionnels forfaitaires à l’impôt des personnes physiques pour les indépendants seront progressivement harmonisés, en prenant exemple sur la méthode actuellement applicable aux salariés : actuellement, le maximum est de 4.320 euros de frais forfaitaires pour un salarié. Cette réforme ne s’appliquera pas aux dirigeants d’entreprises.

  • Pension du deuxième pilier

Les indépendants en personne physique pourront cotiser dans le second pilier de la pension (assurance groupe). Pour l’instant, seuls les indépendants en société y ont droit.

  • Flexi-jobs

Dès janvier 2018, les pensionnés pourront exercer un flexi-jobs.

En quoi engager du personnel plus âgé est-il avantageux ?

"Le fait que les personnes âgées de plus de 55 ans devraient moins travailler est un mythe" (Nele Le Cuyper, professeur en psychologie du personnel à l'Université Catholique de Louvain).

Nous devrons tous travailler plus longtemps, c’est un fait.
Ne serait-il pas temps d’oublier l’image du travailleur d’un certain âge à bout de souffle et de mettre sous les projecteurs la valeur ajoutée des employés de plus de 55 ans ? Nous avons rencontré Nele De Cuyper, professeur en psychologie du personnel à l'Université de Louvain. Elle nous illustra l’exemple concret de deux travailleurs.

Les chiffres ne mentent pas. Si vous comparez le taux d'activité d’un Belge de plus de 55 ans (45%) avec celui d’un Suédois (80%), vous constaterez que quelque chose ne va pas avec notre politique de l'emploi au niveau des travailleurs d’un certain âge. "Nous ne pouvons pas nier que, en Belgique, nous avons une culture de sortie précoce du marché de l’emploi. Combien de fois n’entend-on pas des gens dire : 'quand est-ce que vous pourrez prendre votre retraite ?'", déclare le professeur Nele De Cuyper.

Dans les pays scandinaves, le nombre de retraites prises à 55 ans est particulièrement bas.
"Il faut tout de même préciser que, pendant leur carrière, les employés des pays nordiques ont beaucoup plus l’occasion de reprendre leur souffle", constate Nele De Cuyper. "Profiter de la vie n’est pas quelque chose qu'ils attendent à tout prix jusqu'à leur retraite. Ils ont le temps de le faire au cours de leur carrière. Le résultat est qu'ils travaillent jusqu’à un certain âge non pas parce qu’ils doivent mais parce qu’ils le souhaitent."

Les mythes autour des 55+

Dans notre société actuelle, l'âge est trop rapidement associé à une diminution de la productivité.
Le professeur De Cuyper explique ce que des études disent à ce sujet. "Le fait que les personnes de plus de 55 ans seraient moins productives est un mythe", conclut-elle.

S'il devait y avoir une différence au niveau de la performance mentale, celle-ci serait compensée par l’expérience acquise par la personne au fil des années. "Le stéréotype persistant que les travailleurs âgés ne veulent plus rien apprendre est tout à fait incorrect. Ils s’informent d’une autre manière, sans doute moins formelle, mais font bel et bien des efforts pour rester en phase avec la société technologique actuelle."

A bas les clichés

Avec l'âge, nos objectifs changent. Cela a se passe-t-il aussi sur le lieu de travail ?
"Des études montrent que les travailleurs âgés sont beaucoup plus stimulés par les relations socio-émotionnelles que par leur carrière. Un environnement de travail positif est bien plus apprécié qu'une promotion", remarque le professeur.

Ce qui la frappe est que les travailleurs d’un certain âge aiment transmettre leurs expériences et ont l’esprit orienté sur la sécurité. "Je pense par exemple à un électricien à qui l’on donne le rôle de coach. Grâce à son expérience, il sera bien placé pour expliquer les mesures de sécurité à ses collègues ainsi que la manière dont ils doivent se comporter pour satisfaire les clients.
Un autre exemple est celui d’une organisation où les pompiers d’un certain âge sont utilisés comme agents de sécurité. De cette manière, vous valorisez les qualités de vos travailleurs âgés de plus de 55 ans."

Les 55+ et la sécurité : la maturité en tant qu'atout

Un secteur dans lequel on apprécie la maturité des 55+ est celui de la sécurité. Geert Conings, directeur du recrutement et du développement au sein du cabinet de sécurité G4S à Vilvoorde, nous explique comment cela se passe. "Leur choix d'emploi est souvent délibéré et basé sur le long terme. L'expérience dont ils bénéficient est sans aucun doute un plus. Si une personne est réticente à l’idée qu’on examine le contenu de son sac à dos, le tact et l’expérience d'un gardien de sécurité expérimenté sont plus que bienvenues."

Mais la médaille a-t-elle un revers ? Est-il suffisamment rentable pour une entreprise d’investir dans des travailleurs âgés de plus de 55 ans ?
"Dans de nombreux cas, un âge mûr apporte avec lui une certaine dose de sagesse. Souvent, les personnes plus âgées savent bien faire la distinction entre ce qui est essentiel et ce qui ne l’est pas", affirme Geert Conings. "Certes, j’admets que la formation d’un travailleur plus âgé prendra généralement plus de temps que celle d’un jeune diplômé mais il ne faut pas en faire une généralité. Après tout, l’âge n'est qu’un numéro.
Un 49+ d’aujourd’hui est un 50+ de demain."

Les 55+ et l’immobilier : les cheveux gris font confiance

Jan Vanonckelen, directeur général d’Immo Diest, admet avoir dû revoir certains stéréotypes au sujet des 55+. "C’est en engageant moi-même des personnes d'un âge mûr que je suis venu à la conclusion que certains préjugés n’étaient tout simplement pas vrais", explique-t-il.
"Oubliez déjà que les personnes âgées coûtent automatiquement plus cher. Pour elles, l’argent n'est pas l'élément qui a le plus d’importance."

Un autre argument décisif est qu'ils ne sont pas à jour en matière de nouveaux médias. "De fait, ils ont moins facile que les plus jeunes générations mais je constate que, au sein de nos équipes, les jeunes travailleurs partagent spontanément leurs connaissances en nouveaux médias avec leurs homologues plus âgés", affirme Jan Vanonckelen. "D'ailleurs, étant moi-même âgé de plus de 55 ans, je considère les cheveux gris comme un atout.

En communiquant, les personnes âgées montrent qu’elles ont un certain vécu et font part de leurs expériences. Elles véhiculent une sorte de confiance.

Si vous parvenez à consolider le tout avec un contenu de fonction intéressant, vous pouvez être sûr que votre relation avec vos clients sera bonne."

(eh/jy)

Remerciements à Jobat.be qui a publié cette interview.

Voilà de nombreuses années que SeniorFlex explique cela aux decideurs !

Référence-    Journal Le Soir,   Fevrier 2017

De plus en plus d’intérimaires de plus de 70 ans

Le nombre d’intérimaires âgés de plus de 70 ans a plus que triplé ces 10 dernières années, selon des chiffres de Randstad.
A l’heure actuelle, Randstad en compte 158 âgés de plus de 70 ans, et même quelques-uns de plus de 80 ans, contre à peine 51 il y a 10 ans.

> Voir aussi : 6 mesures qui vont changer en 2017 pour les futurs pensionnés

Selon la société, les changements législatifs, qui ont permis un déplafonnement des revenus des pensions, expliquent en grande partie cette tendance. Mais il est aussi question d’un changement de mentalité
« La génération qui est maintenant à la pension est la génération d’après la Seconde Guerre mondiale. Ils ont grandi dans la société de consommation, au contraire de leurs parents qui ont vécu beaucoup plus sobrement. Le salaire qu’ils ont perdu après leur pension, ils veulent volontiers le compenser en travaillant sur le côté quelques jours par semaine » , explique un porte-parole.

> Voir aussi : Obtenir une meilleure pension: nouvelle possibilité dès mars 2017

Cette tendance s’observe également pour la génération des plus de 55 ans. Il y a 10 ans, Randstad en comptait 2.408 en Belgique, aujourd’hui, ils sont 4.015. Et ce nombre devait encore croître à l’avenir.

Les chiffres avancés par Randstad sont confirmés par la fédération sectorielle Federgon, selon laquelle, en 2005, les plus de 50 ans représentaient 5,2 % du travail intérimaire en Belgique.
En 2015, les derniers chiffres disponibles font état de plus de 38.200 intérimaires de plus de 50 ans, soit près de 10 % du total.

La perception selon laquelle ces intérimaires plus âgés prendraient le travail de jeunes chercheurs d’emploi n’est pas correcte, selon le porte-parole de Randstad. 
«Il est souvent question de petits emplois, temporaires pour lesquels nous trouvons difficilement d’autres personnes. En plus, les plus anciens dépensent leur salaire supplémentaire. Cela fait de l’argent dans l’économie et plus d’emplois. Tout le monde en profite. »

Publié : dimanche 19 février 2017  https://references.lesoir.be/article/de-plus-en-plus-d-interimaires-de-plus-de-70-ans-/

 

Commentaires SeniorFlex : 100 % d'accord avec cette analyse.
SeniorFlex s'est battu pour que soit obtenu cette possibiilité de cumul emploi / retraite et cette analyse confirme nos argumentations:
besoin de completer la retraite trop faible, travail à temps desiré, dépense de l'argent gagné et donc relance de l'économie,
pas de concurrence jeune / seniors  

Communiqué du ministre des Classes Moyennes des indépendants et des PME

 

Le Ministre des Classes moyennes, des Indépendants, des PME, de l'Agriculture et de l'Intégration sociale souhaite que les indépendants puissent aussi, à l’instar des salariés et des fonctionnaires, bénéficier de la possibilité de prendre leur pension de façon anticipée en cas de carrière pénible ou se voir octroyer un complément de montant de pension en cas de carrière pénible. Pour le Ministre, il n’est pas question que les indépendants soient traités moins favorablement.

Actuellement, rien n’est encore prévu pour accorder un avantage en pension pour les indépendants qui exercent un métier pénible.
Rappelons qu’à partir de 2019 que seul l’indépendant qui aura atteint l’âge minimum de 63 ans et une carrière minimum de 42 années pourra prendre sa pension anticipée.

Or, la discussion a lieu en ce moment pour définir la liste des professions dites « pénibles » qui pourront bénéficier d’une pension anticipée. Lorsque l’on sait que les critères discutés actuellement au sein du Comité national des Pensions portent, par exemple, sur : une organisation de travail contraignante, une charge de travail émotionnelle, des conditions de travail difficiles suite à des inconvénients physiques au niveau de l’environnement de travail ou de la charge physique, les risques de sécurité, etc. on comprend aisément que les indépendants ne soient pas épargnés.

Pour Willy Borsus : « Les indépendants sont tout autant concernés par les conditions de travail pénible : le boulanger qui travaille de nuit ; l’exploitant d’un établissement horeca qui travaille le soir et les weekends avec peu de temps pour sa vie familiale ; l’agriculteur, l’horticulteur, le maçon et tout autre professionnel dont l’activité est exercée à l’extérieur par tous les temps, et j’en passe, ne peuvent-ils pas être considérés comme effectuant un travail pénible ? Pour rappel, 5 % des indépendants de plus de 60 ans sont en assimilation de pension pour cause de maladie, c’est-à-dire qu’ils ne peuvent pas atteindre l’âge légal de la pension. Sans compter que, de manière générale, les indépendants ont en plus le stress de la rentabilité de leur activité et parfois de l’emploi de plusieurs personnes sur leurs épaules. »

C’est pourquoi, tout en considérant légitimes les réflexions sur les autres catégories professionnelles, Willy Borsus insiste pour l’intégration des indépendants dans la discussion en cours. Il a donc chargé le Comité général de gestion pour le Statut social des Travailleurs indépendants de déterminer des modalités en coopération avec le Comité national des pensions.
Le but est de mettre en place une Commission de reconnaissance de pénibilité des indépendants, installée à l’INASTI, qui tranchera sur les dossiers au cas par cas.  

Rappelons que notre pays compte actuellement 1.058.522 travailleurs indépendants dont 710.485 à titre principal.
Autre chiffre parlant : 68,42 % des indépendants partent à la pension à l’âge de 65 ans voire au-delà.

 

A propos

Nous sommes des femmes et des hommes de bonne volonté, luttant en Belgique et en France, depuis 2003, contre la discrimination par l'âge dont font l'objet les seniors et pour la liberté de choix de ceux qui désirent continuer à exercer une activité lucrative après 45 ans, sans subir rejets, préjugés, pénalités ni contraintes administratives.

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