FRANCE

Main-d’œuvre qualifiée : carence inattendue sur le marché du travail

9 juillet 2016

L’employabilité : un projet mobilisateur pour les entreprises et les salariés

Pour 44% des dirigeants d’entreprise, le manque de main d’œuvre qualifiée est le 1er obstacle rencontré sur le marché du travail, selon un sondage Consult’in France/Ifop

Le taux de chômage est plus élevé en France que dans la plupart des pays européens (9,4% contre 4,6% en Allemagne et 5,3% en Grande Bretagne) et continue à progresser touchant particulièrement les jeunes et les seniors.
Le marché du travail français ne parvient plus à réaliser le fameux équilibre entre la demande (les besoins en compétences des entreprises à des coûts compétitifs) et l’offre (les besoins de rémunération et d’épanouissement des individus/salariés) créant un déséquilibre néfaste à la compétitivité des entreprises.
Les 3 obstacles rencontrés par les entreprises et qui créent ce déséquilibre selon le sondage exclusif Consult’in France/Ifop sont la complexité du droit du travail, le coût du travail et, surprise, le manque de main d’œuvre qualifiée.

Pour rééquilibrer l’équation, Consult’in France propose 6 solutions innovantes dans son ouvrage à paraître en prochainement: « #Accélérer ! L’entreprise moteur de la compétitivité France ».

Le manque de main d’œuvre qualifiée : une nouveauté

Les dirigeants d’entreprises rencontrent trois obstacles principaux sur le marché du travail : la disponibilité d’une main d’œuvre formée et qualifiée, la complexité du droit et du code du travail et le coût du travail. L’un des résultats les plus surprenants du sondage exclusif Consult’in France/Ifop montre que la France a cessé d’être un réservoir de main d’œuvre qualifiée alors qu’elle était traditionnellement réputée pour la qualité et la disponibilité de sa main d’œuvre.
Cet obstacle est cité en troisième position à la fois par les dirigeants de startups et ceux des grands groupes.
Mais pour 46% des chefs d’entreprise de PME et ETI c’est le 1er obstacle qu’ils rencontrent sur le marché du travail, avant la complexité du droit du travail ou le coût du travail.

La qualité du dialogue social, l’implication des collaborateurs et la question des instances représentatives sont considérées comme des sujets plus marginaux par les dirigeants d’entreprises. Il existe toutefois des différences selon les types d’entreprises.

Tension sur les compétences critiques et inefficacité de la formation continue
La transformation digitale des entreprises, la croissance des ETI et des jeunes entreprises innovantes, le dynamisme de certains secteurs industriels (aéronautique, automobile…) génèrent des besoins importants en profils et en compétences créant même des tensions sur certaines qualifications telles que ingénieurs, techniciens, développeurs, …

L’explosion du secteur des services dont les services à la personne est quant à lui un créateur d’emplois mais plutôt à faible qualification.
Au niveau des territoires, des adaptations du système de formation initiale et continue tentent bien de répondre à ce besoin pressant de main d’œuvre qualifiée mais globalement c’est toute l’architecture de notre système de formation professionnelle qu’il faut repenser.

 
La France consacre 32 Mds€ (1,5% du PIB) à la formation professionnelle qui bénéficie principalement aux actifs « occupés » pour 62% alors qu’elle ne touche les jeunes qu’à hauteur de 24% et les chômeurs, ceux qui en ont le plus besoin, de seulement 14%, se trompant ainsi de cible.
La formation professionnelle profite donc principalement aux diplômés, aux moins de 50 ans et aux salariés des grandes entreprises, délaissant ceux qui en ont le plus besoin, les jeunes sans qualification et les chômeurs.

 
Mieux répartie et distribuée, la formation répondrait de façon plus optimale au besoin de main d’œuvre qualifiée et moins qualifiée des entreprises. Ainsi, les jeunes sans qualification pourraient s’orienter par un effort de formation vers ces emplois en attente de main d’œuvre. Tandis que les chômeurs, composés de personnes à qualifications diversifiées pourraient être réorientés vers les métiers porteurs.

La Loi El Khomri n’y changera rien

 
Face à un chômage de masse qui continue de progresser, à des offres d’emploi qui ne trouvent pas de candidats, à des entreprises qui hésitent à recruter des CDI par crainte des risques juridiques et financiers, à un coût du chômage qui atteint un niveau insurmontable, le « modèle français » doit donc se réinventer.
« Et ce n’est pas la Loi El Khomri dans sa version actuelle qui ne crée pas une vraie dynamique d’emploi qui y changera quelque que chose », précise Daniel Baroin co-auteur de l’ouvrage.
La Loi El Khomri s’est polarisée sur quelques thématiques clivantes comme l’inversion des normes, le périmètre du licenciement économique ou la taxation des CDD.
Et si les leviers pour une plus grande fluidité du marché de l’emploi et une diminution d’un chômage de masse se trouvaient aussi dans l’invention de nouvelles dynamiques autour du développement de l’employabilité ? « Si on prenait le temps de regarder ce qui se passe dans les pays voisins, on y trouverait des sources d’inspiration pour insuffler un vent nouveau pour développer la mobilité et faire repartir le marché du travail », analyse Daniel Baroin.

Quelles solutions pour améliorer l’employabilité

 
Dans cette perspective Consult’in France avance six propositions novatrices sur les deux volets indissociables de l’employabilité que sont la sécurisation du parcours des salariés et l’amplification de la création d’emplois par les entreprises.

Sécuriser le parcours et la formation des salariés

·         Rénovation du système de formation pour favoriser les mobilités internes / externes et faire porter l’effort là où se situent les besoins (jeunes, chômeurs, non qualifiés, PME/TPE). De la même façon, rénovation de l’apprentissage (parcours progression et emploi productif)

·         Création d’un compte personnel d’activité permettant au niveau des droits sociaux d’alterner différents statuts salariés ou non-salariés (indépendant, demandeur d’emploi)

·         Création du statut du « travailleur en plateforme collaborative »

 

Amplifier les créations d’emplois par une réduction du coût du travail

·         Instauration d’une TVA « compétitivité » afin d’alléger les cotisations patronales de la part famille

·         Maintien du CICE et extension à 3,5 fois le smic (en ligne avec la recommandation du rapport Gallois). Une alternative au maintien du CICE pour éviter les effets d’aubaine et les inégalités sectorielles consisterait à transformer le CICE en baisse de charges sociales

·         Baisse du coût salarial pour les jeunes ou les non qualifiés (SMIC adapté ou charge 0)

 

*Sondages Consult’in France et Ifop : 854 personnes ont été interrogées entre mars et avril 2016 : 398 étudiants, 180 associés de cabinets de conseils et 276 dirigeants qui se répartissent ainsi (1/3 de dirigeants de start-ups, 1/3 de dirigeants de PME/ETI, 1/3 de dirigeants de grands groupes)

A propos de Consult’in France :
Consult’in France regroupe 85 cabinets, représentant près de 70% du marché du conseil en stratégie et management en France (plus de 5 Milliards €). Il rassemble des sociétés très diversifiées, tant par leur taille que par leur domaine d’expertise, qui interviennent auprès des entreprises du secteur privé et public.

 

Commentaire SeniorFlex :

Et la Belgique ?

Traditionnellement réservoir de main d’œuvre qualifiée, la Belgique est- elle consciente du manque de connexion naturelle entre l’offre et la demande de travail, en raison de la persistance de préjugés aussi lapidaires que non vérifiés ?


Seniors, vous avez un rôle à jouer, vos compétences sont utiles , insistez !

 

Les Rencontres de Force Femmes
Lundi 13 juin 9h-18h
Maison de la Chimie
28 rue Saint-Dominique, 75007 Paris

Journée dédiée à l'emploi des Femmes de plus de 45 ans

Vous êtes une femme de plus de 45 ans, en recherche d'emploi ou avec un projet de création d'entreprise ? Inscrivez vous !

Débat, témoignages, ateliers pratiques et forum autour de la recherche d'emploi et de la création d'entreprise composeront cette journée unique permettant ainsi d'aider plus d'un millier de femmes attendues.

 

Vient de paraître

 page de couverture

GUIDE DU BIEN-ÊTRE DU TÉLÉTRAVAILLEUR

Et de tous les travailleurs connectés

Par Marie-France Medana

Editions-Diffusion L'Harmattan
5-7, rue de L’Ecole Polytechnique 75005


EAN : 9782343085272 • 168 pages

SeniorFlex

Nous vous recommandons cette lecture. Ce thème est de plus en plus important du fait de l'évolution des technologies, mais est aussi une forme nouvelle de travail pour les seniors voulant rester actifs. La législation suivra t elle ?

Ceci est un extrait de l’interview de Myriam El Khomri
                             tiré de notre dossier interactif Vieillir en 2016, c’est grave ?

La ministre du Travail Myriam El Khomri maintient son soutien au Contrat de génération de François Hollande, qui doit battre en brèche « les représentations sociales, culturelles, qui existent dans notre société et qui jouent un rôle dans les difficultés rencontrées par les seniors sur le marché de l’emploi ».

Quelle est la part des seniors dans le monde du travail ?
Elle est de 59,4 % au deuxième trimestre 2015. Ce taux progresse depuis plus de 10 ans, y compris pendant la crise.
Il faut cependant noter que la part des seniors dans le monde du travail en France est plus basse que la moyenne européenne.

Pourquoi tant de difficultés à retrouver un emploi pour cette catégorie de personnes ?
Six mois après leur entrée au chômage, moins d’un quart des seniors aura repris un emploi, contre 37,4 % en moyenne toutes classes d’âge confondues. Comment l’expliquer ?
D’abord, par les représentations sociales, culturelles, qui existent dans notre société et qui jouent un rôle dans les difficultés rencontrées par les seniors sur le marché de l’emploi.
Pour certains employeurs, un senior serait moins productif, engendrerait un coût salarial bien plus important…

Vu l’évolution de la société, est-il encore pertinent d’être considéré comme un senior entre 45 et 50 ans dans le monde du travail ?
Derrière le terme senior, on associe des représentations, celles que j’évoquais, qui freinent l’évolution des seniors dans le monde du travail.
Un salarié qui a derrière lui des expériences, des compétences variées, une connaissance du monde professionnel dans lequel il évolue est une chance pour une entreprise et le collectif de travail.
Valoriser ces atouts, c’est le sens des contrats de générations mis en place par ce gouvernement.

Retrouvez l’intégralité de cette interview dans notre dossier interactif  Vieillir en 2016, c’est grave ? disponible sur la boutique en ligne de respectmag.com.


En savoir plus sur http://www.respectmag.com/18174-myriam-el-khomri-pour-certains-employeurs-un-senior-serait-moins-productif#yfoPVrTHXoKMyJPw.99

France

En décembre, le nombre de demandeurs d'emploi en catégorie A a progressé de 15.800 sur un mois. Sur l'ensemble de l'année 2015, la hausse est de 90.000.

Pour enrayer cette mauvaise dynamique, François Hollande avait dévoilé un plan pour l'emploi au début de la semaine dernière, avec une prime à l'embauche de 2.000 euros pour les TPE-PME et la formation de 500.000 chômeurs. Des mesures qui n'ont pas franchement convaincu les économistes.

Commentaires SeniorFlex:

Former 500 000 chômeurs - bravo mais les former à quoi ?
Où sont les formateurs, où sont définies les formations des métiers de demain, car il faut former à des métiers nouveaux ou indispensables pour les entreprises (Nota : plus de 45 000 postes non pourvus dans les métiers manuels !)
Prime à l'embauche ? Insuffisante pour motiver un chef d'entreprise, qui, lui, veut plus de souplesse dans le contrat de travail afin de pouvoir coller aux évolutions économiques et à celles des marchés pour pérenniser sa société. Par ailleurs, il faut que la croissance reparte pour créer de la demande et donc créer des emplois !

Financer le travail et non le chômage a toujours été notre approche mais il faut aussi créer les conditions de travail et de créations d'emploi !

 

A propos

Nous sommes des femmes et des hommes de bonne volonté, luttant en Belgique et en France, depuis 2003, contre la discrimination par l'âge dont font l'objet les seniors et pour la liberté de choix de ceux qui désirent continuer à exercer une activité lucrative après 45 ans, sans subir rejets, préjugés, pénalités ni contraintes administratives.

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