Interview de la Présidente de Old'UP

à l'occasion du Colloque que l'association organise ce samedi 10 octobre au Conseil Economique et Social à Paris

Par Pascale Senk - le 06/10/2015

Après 80 ans, les seniors d'aujourd'hui sont des pionniers : ils ont à donner du sens à une tranche de vie qui n'existait pas.

«L'un de nos grands problèmes, ce sont les chaussures!», confie dans un rire Marie-Françoise Fuchs.
«Franchement, celles qui sont conçues pour les femmes âgées sont moches, non?
Alors les vraies questions qui se posent à nous, c'est: comment allier sécurité et maintien d'une belle image de soi? Comment éviter la chute malgré des escarpins vraiment mode?»

Le quotidien des «plus vieux d'entre les vieux», cette femme plus qu'octogénaire le connaît bien.
Fondatrice de l'association Old'Up (dont la baseline est: «Plus si jeunes mais pas si vieux») qui, depuis huit ans, invite ses membres à «s'approprier leur vieillissement et à l'utiliser», elle n'a aucun mal à employer ce terme qui fâche, tout en ne déniant pas l'affaiblissement général auquel il contraint.
Bien au contraire, elle invite à le regarder de pleine face pour en faire quelque chose.
«Après 75 ans, c'est un “deuxième temps” de la retraite», explique-t-elle.
«Le plus souvent, les conditions physiques ne permettent plus de s'investir comme avant auprès des petits-enfants, on change évidemment de rythme. C'est le moment où l'on se demande: y a-t-il une vie après celle de grand-parent?»

«Vieillissement durable»

Car si l'investissement familial diminue, les octogénaires peuvent toutefois aller à la rencontre de ce continent qui s'ouvre devant eux: un «vieillissement durable».
«Beaucoup d'amis, de connaissances que l'on avait, sont partis», constate Marie-Françoise Fuchs.
«Il faut donc se créer de nouveaux réseaux, trouver de quoi être encore acteur dans la société, servir… Il s'agit de donner du sens et de l'utilité à cet allongement de vie qui va concerner de plus en plus d'entre nous.»

«Comment l'esprit vient aux vieux» est d'ailleurs le thème du colloque* à venir conçu par ces «apprentis centenaires» bien décidés à se libérer des images normatives attachées à la vieillesse, qui «est toujours une construction sociale et reste en réalité à réinventer», comme le rappelle Frédérique Savona, ingénieure sociale qui s'est immergée pendant trois ans dans l'association, assistant aux ateliers de réflexion qui s'y tiennent - «oser vieillir», «le sens de ma vie» ou «nous et les autres» - et réalisant des dizaines d'entretiens avec les 300 membres de l'association.

«Continuer à exister malgré mais aussi “avec” leurs fragilités»

À ses yeux, un nouveau monde est en train de naître et l'association Old'Up est l'un des fers de lance de cette révolution. « Actuellement, pour parler de vieux, la société oscille entre des images de bien vieillir à tout prix qui signifie surtout “rester jeune” et des images de dépendance, de dégénérescence cérébrale, etc., observe-t-elle.

Or, il y a un nouveau pays à explorer, ce “continent gris” où des individus encore autonomes veulent continuer à exister malgré mais aussi “avec” leurs fragilités

C'est là l'une des grandes fiertés de Marie-Françoise Fuchs: avoir fait des membres de l'association des «experts de l'âge» régulièrement consultés par la SNCF pour jauger le confort des TGV, ou devenant des représentants d'usagers dans les établissements sanitaires, ou lors de recherches sur les nouvelles technologies et les seniors…

«Notre fragilité est très utilisable dans ce type d'aménagements, se réjouit-elle.
Et j'aimerais ainsi montrer à la société qu'on peut se servir de l'expérience des plus âgés pour construire l'avenir.»
Elle évoque avec amusement en ce sens combien sa (relative) passivité a fait dire à ses enfants: «Ah, tu es plus disponible qu'avant! C'est bien, maintenant, on peut se parler!» Faire différemment, et pourquoi pas? Mieux avec ses failles, c'est là tout son credo.

«Des représentations dominantes et obsolètes»

Qu'on puisse se contenter de «distraire» les personnes âgées à coup d'après-midi ludiques ou de concours de bridge dans les maisons de retraite désole cette militante de l'apprentissage à vie: «Pourquoi ne pas leur proposer des cours plutôt?» Il y a d'ailleurs une dimension d'apprentissage dans ces groupes de l'association où le collectif restaure l'identité de chacun. Frédérique Savona considère «y avoir mesuré combien c'est une première étape nécessaire que de se demander “comment être soi”, hors des représentations dominantes et obsolètes, ainsi que l'on apprend dans les groupes Old'Up.
Libre ensuite à chacun d'investir d'autres terrains.»

De son immersion chez les octogénaires, la jeune chercheuse a ramené aussi un changement très personnel:
«Je ne regarde plus l'âge d'une personne que je rencontre, et je ne pense plus “vieille” si elle a des cheveux blancs ou un corps fatigué, affirme-t-elle.
Peut-être parce que je sais qu'elle a été comme moi… Et parce qu'un jour je serai comme elle.»

* Colloque qui se tiendra le samedi 10 octobre au Conseil économique et social, 9, place d'Iéna, 75016 Paris.
Programme et infos: www.oldup.fr

Ouverture du séminaire de restitution de l’étude Force femmes / DGEFP sur le retour à l’emploi des femmes de plus de 45 ans

Discours de Myriam El Khomri, Minsitre de l'Emploi

Madame la présidente, chère Françoise Holder
Madame la déléguée générale, Emmanuelle Wargon

Mesdames et Messieurs,

Je suis très heureuse d’être parmi vous aujourd’hui.
Je suis d’autant plus heureuse de m’exprimer sur un sujet qui m’est cher, un sujet qui touche à l’égalité et notamment l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes.

Je partage votre objectif : nous devons collectivement porter l’égalité de toutes et tous dans l’accès à l’emploi.
Et plus encore pour les femmes de plus de 45 ans

Votre étude touche du doigt une réalité du marché du travail dont on ne peut ignorer les mécanismes de domination et qui créent des inégalités fortes entre les hommes et les femmes :

- Les femmes sont les premières victimes du chômage et de l’emploi précaire. Cette inégalité est encore plus vraie lorsqu’elles arrivent à un stade avancé de leur carrière.

- Le taux d’emploi des femmes de 20 à 64 ans est toujours inférieur à celui des hommes (67% contre 76 %), et à temps de travail équivalent, il demeure encore un écart de salaire de 24% entre femmes et hommes.

Les salariés les plus âgés connaissent de plus grandes difficultés d’insertion : depuis 2008, le nombre de demandeurs d’emploi séniors a augmenté plus vite que pour les autres tranches d’âge et ce, de manière continue.
Et la probabilité de retour à l’emploi des seniors est deux fois plus faible que les autres ; conséquence, les chômeurs de longue durée sont surreprésentés parmi eux.

C’est une injustice. Et face à cette injustice nous devons apporter des solutions à la hauteur des enjeux et répondre concrètement aux problématiques qui se posent aux femmes.

L’enjeu est de taille car si nous ne menons pas ensemble une action efficace et crédible, la reprise économique dont nous commençons à ressentir les effets positifs risque de laisser de côté les plus âgées et les plus fragiles.

Je veux à ce titre saluer l’étude de Force femmes, une étude précieuse et utile sur l’emploi des femmes de plus de 45 ans. Elle permet de croiser les regards de femmes venues d’horizons différents : des femmes de plus de 45 ans éloignées de l’emploi, des DRH d’entreprises et de cabinets de conseil.

Cette étude met en avant un certain nombre de freins aux recrutements qui existent à tous les niveaux :

- Le premier frein, ce sont les stéréotypes qui entretiennent les appréhensions des recruteurs.

Il existe une véritable discrimination en matière d’âge et cela participe à exclure les femmes de plus de 45 ans du marché du travail. Notamment en raison des appréhensions en matière d’intégration ou de gestion de différentes classes d’âge dans l’entreprise et de risques de conflits ;

Et au-delà des compétences, on préjuge souvent de l’attitude des femmes et leur capacité d’adaptation à de nouvelles pratiques professionnelles, à l’apprentissage de langues étrangères ou parfois à la maîtrise des nouveaux outils numériques.

- Le deuxième frein, c’est l’autocensure des femmes qui ont intégré les préjugés :

Je sais combien les femmes se projettent moins que les hommes à des postes de responsabilités. Il y a une forme d’autocensure qui empêche les femmes de prendre des responsabilités. Nous devons les y encourager. C’est aussi la responsabilité des entreprises de promouvoir et de valoriser le travail des femmes, à travers des formations adaptées – et notamment en matière de confiance en soi, mais aussi en aménageant les temps de travail.

J’en suis convaincue, c’est une évidence même, et les recruteurs le reconnaissent, les femmes de plus de 45 ans présentent de nombreux atouts : l’expérience, l’autonomie et la capacité de recul.

Aujourd’hui, plus la taille des entreprises est grande, moins les femmes occupent des postes de direction.
Ça n’est plus acceptable. Leur représentation au sein de l’entreprise doit nous préoccuper toutes et tous.

A l’image des entreprises privées cotées en bourse et les entreprises publiques ou nous avons exigé, par la loi, l’obligation de 40% de femmes au sein des conseils d’administration et des conseils de surveillance. Nous devons aller plus loin encore.

La mobilisation doit être collective : d’abord de l’Etat mais aussi des entreprises pour déconstruire ces préjugés et ces appréhensions pour défendre l’égalité et l’accès à l’emploi pour toutes et tous.

Le Gouvernement est pleinement mobilisé pour lutter efficacement contre les discriminations dans l’entreprise. Le 19 mai dernier, 13 mesures ont été annoncées sur la base du rapport du groupe de dialogue inter-partenaires présidé par Jean-Christophe Sciberras. Elles poursuivent deux objectifs :

- Le premier, c’est d’aider les employeurs à prendre conscience des discriminations, qui existent parfois sans qu’ils en soient conscients.
C’est le sens de la grande campagne de testings que nous allons lancer prochainement. L’enjeu est de conduire les entreprises à analyser leur processus de recrutement, et les discriminations qui peuvent en résultent, et d’agir par des plans d’action dédiés, élaborés avec les partenaires sociaux.

L’entreprise besoin de « différence ». La diversité est une richesse. Voilà pourquoi il ne faut pas voir cette question que sous l’angle de l’engagement social. Elle doit être le résultat d’une gestion des ressources humaines efficace et éclairée.

- Le deuxième objectif est de donner les outils adaptés aux entreprises, notamment au niveau du recrutement, pour leur permettre de mettre en place ces plans d’actions.
L’enjeu est de trouver la méthode qui correspond le mieux au poste et au secteur, pour sélectionner le meilleur profil en limitant l’impact des stéréotypes.

- Pôle Emploi aura un rôle central à jouer auprès des employeurs : il devra les informer, mais aussi leur proposer des outils d’appui RH, via les nouveaux conseillers entreprise.

De son côté, l’Etat a mis en place des outils pour faciliter l’embauche de séniors dans les entreprises :

- Le contrat de génération

- Les contrats de professionnalisation « nouvelle carrière » : il permet à des demandeurs d’emploi ayant bénéficié d’une longue expérience professionnelle et d’adapter leurs compétences.

Les entreprises doivent se saisir de ces contrats.
Elles ont besoin et doivent se nourrir de la diversité. Embaucher un sénior n’est pas qu’un engagement social, c’est aussi un gage d’efficacité, une richesse qui doit être reconnue.
Nous devons mieux valoriser et reconnaitre les parcours et les compétences.

Mais les entreprises doivent aussi s’engager pour assurer l’égalité entre les femmes et les hommes dans le monde du travail.
Cela passe par une démarche de mixité et une organisation du travail qui ne fait pas peser de contraintes sur l’évolution professionnelle des femmes. Les entreprises ont une responsabilité majeure.
Elles ont d’ailleurs des comptes à rendre dans le cadre de leur politique de RSE (responsabilité sociale et environnementale).

Avec Marisol Touraine et Pascale Boistard, je compte lancer une mission d’analyse de l’écart de rémunération entre les femmes et les hommes. Elle aura pour objectif d’éclairer les origines et manifestations de cet écart, et de faire des propositions pour faire reculer cette discrimination salariale pure à l’encontre des femmes.

Nous devons mener une action déterminée pour lutter efficacement contre les discriminations dans l’entreprise tout en assurant l’accès à l’emploi des séniors et l’égalité entre les femmes et les hommes. C’est une question de performance économique mais c’est aussi une exigence morale : les femmes ont toutes leur place dans l’entreprise.

Elles doivent pouvoir accéder à l’emploi. Et dans l’entreprise, elles doivent pouvoir se projeter sur l’ensemble de la hiérarchie – y compris aux postes de direction.

Il nous reste du chemin à parcourir mais vous pouvez compter sur ma mobilisation et ma détermination.
Et je sais aussi pouvoir compter sur votre engagement. Je vous remercie.

 

«Ils sont devenus invisibles, inexistants, discrédités, soupçonnés d’être les auteurs de leur situation, les responsables du malheur d’autrui et de leurs proches alors qu’ils ne sont que des victimes sacrifiées sur l’autel des dictats économiques qui régissent les politiques actuelles>.

45 ans : l'âge ou l'exclusion sociale et professionnel apparaît, en effet aujourd'hui 1.2 millions d'entre eux vivent le chômage et se battent afin de retrouver un épanouissement personnel. 

Alors qu’ils s’étaient beaucoup investis dans leur vie professionnelle et qu’ils approchaient l’âge “canonique“ de 50 ans, Françoise, Corinne, Michaël et Patrick se trouvent évincés de la société des actifs. Ils entament alors une lutte éprouvante pour sortir de la spirale de l’exclusion, éviter une mort sociale humiliante, silencieuse, et retrouver une place dans le monde des vivants.

Les seniors actifs en recherche d’emploi sont de plus en plus nombreux en France.

"Je suis convaincue qu’il faut briser bien des rigidités, des freins, des idées reçues, dans un monde du travail qui trouve des prétextes à fermer trop de portes !
Les seniors actifs en recherche d’emploi sont de plus en plus nombreux en France, près d’1,5 million de personnes, ce qui ne s’était jamais vu.
Pour autant, le phénomène ne semble pas être au cœur des grandes problématiques sociétales. Pourquoi ?
Peut‐être parce que cette population est trop silencieuse. Elle se cache. C’est pour leur donner la parole, une visibilité à ce sujet tabou, que j'ai souhaité faire ce documentaire. 

Ces actifs en pleine possession de leurs facultés, encore dans la force de l’âge, sont privés du droit de travailler et de se projeter. Ils véhiculent immédiatement des clichés négatifs, surtout en période de crise économique : trop chers, pas assez malléables, inadaptés aux nouvelles technologies, trop exigeants, trop fragiles, pas assez motivés… Voilà les arguments les plus récurrents qu’utilisent les chefs d’entreprise, les organismes officiels, les cabinets d’audit, pour valider leur éviction. Cette injustice flagrante est extrêmement préoccupante car le taux de chômage des seniors a dépassé celui des jeunes en 2011. C’est une situation sans précédent sur le plan historique et la prise de conscience du problème n’est pas proportionnelle à son ampleur. Parce que la souffrance des nouveaux exclus est silencieuse, parce que leur pudeur est aussi une des raisons qui encourage une forme de déni face à ce drame.
J'ai voulu dénoncer cette situation grâce à ce film.

Je souhaite transmettre au plus juste le ressenti des personnes qui subissent ce triste sort et dénoncer à travers leur quotidien tous les mécanismes d’exclusion sournois qui les maintiennent dans ce cercle vicieux. Les personnes que j’ai choisi de suivre et d’accompagner ont des origines sociales différentes et des parcours personnels et professionnels bien distincts ; mais ils sont tous émouvants, attachants et ils ont envie de sortir du silence afin d’exprimer leurs sentiments. Ils font preuve de courage, d’initiatives, de créativité, frappent à toutes les portes, essaiment comme le petit Poucet leurs cailloux un peu partout ; mais ils passent aussi par des moments de colère et de découragement face aux réactions de déni et aux portes closes. 
Cette question ramène aux fondamentaux : la place de l’homme, son rôle, la valeur du travail, le sens de la vie dans une société en mutation

J'ai souhaité amener le spectateur au‐delà des images, explorer le fragile équilibre psychologique des personnages façonné par une lutte intérieure de tous les instants. Avec ce projet, j'ai tenté d’aborder le rapport de l’intime et du social.
C’est un sujet que je veux tendre comme un miroir aux spectateurs, pour qu’ils s’interrogent sur la force de leurs peurs dans la société dans laquelle ils vivent. Je souhaite les installer à l’intérieur de cette situation, au plus près des préoccupations et du regard des protagonistes, tout en préservant une pudeur certaine.
C’est cette réalité que je veux montrer sans fard en mettant en exergue tous les moments éprouvants que suscite cette situation et qui jalonnent le quotidien des protagonistes.
Même si chacun réagit différemment en fonction de sa personnalité et de son environnement, les mécanismes et les épreuves sont les mêmes et les conséquences peuvent être plus ou moins graves en fonction des parcours de vie ; en effet les actions et les démarches sans fin s’apparentent vite au mythe de Sisyphe… tandis que les stigmates s’enracinent toujours plus profondément.

Chaque jour réserve son lot d’épreuves dont on ne soupçonne pas toujours la violence latente. C’est en les soulignant sur un certain laps de temps que ce documentaire peut apporter une compréhension sensible du sujet. Il sera alors possible de ressentir dans sa chair cette souffrance trop banalisée par la médiatisation du chômage en général, davantage traité sous l’angle de phénomène de masse illustré par des chiffres et des statistiques désincarnés, que sous celui des seniors qui reste tabou et méconnu du public. Pour ce faire, je voulais l’aborder par petites touches éclatées et faire apparaître les diverses facettes de ce questionnement en pénétrant dans la sphère intime des personnages principaux. D’autres protagonistes apparaîtront au fil des rencontres comme des satellites extérieurs pour éclairer et renvoyer une lumière différente sur les questions et les problématiques soulevées.
Enfin, dans l’esprit de la phrase de Saint‐Exupéry, je souhaite que mon film soit celui de l’espoir d’un avenir meilleur, celui qui sera rendu possible par les rêves et les ressources magnifiques de mes personnages.

Ils sont devenus invisibles, inexistants, discrédités...

J’ai voulu mettre dans la lumière et crier ce que tout le monde tait en particulier les intéressés parce qu’ils ont honte de leur situation : la souffrance des victimes du chômage de plus de 45 ans qui  sont discriminés et bannis du monde du travail car il sont considérés comme seniors avec tous les préjugés négatifs que ce terme peut véhiculer.
En France près de la moitié des chômeurs longue durée sont des seniors. Ils ont consacré leur vie au travail, en guise de remerciements, ils sont éjectés sans ménagement comme des objets utilitaires usagers alors qu’ils leur reste encore 15 ou 20 ans de travail à faire pour aller jusqu’à la retraite. C’est une énorme humiliation, insupportable et impossible à digérer. Cet état, quand il perdure, entraîne la destruction de l’individu.

J’ai voulu avec ma façon de filmer, toucher le spectateur avec ce sujet qui est davantage traité comme un chiffre abstrait, une courbe, un baromètre, noyé dans un flux d’informations banalisées. Pour que l’état de chômeur ne soit pas stigmatisé, j’ai choisi de suivre 4 personnes d’un bon niveau social, compétents avec des valeurs, une bonne éducation, investis dans leur carrière, qui avaient une vie heureuse et accomplie et qui ne s’imaginaient pas un seul instant être exclus du jour au lendemain, durablement de la société. Ils sont aussi particulièrement sensibles, à fleur de peau, sincères et authentiques. Ils ont eu le courage de s’exposer sans faux semblant à la caméra et montrer ce qu’ils vivent, ce qu’ils ressentent dans ce cauchemar permanent.

J’ai pris le parti d’illustrer des scènes de façon onirique et symbolique avec des effets spéciaux afin d’ajouter de la poésie au sujet. J’ai voulu souligner à quel point la valeur travail est importante pour l’équilibre de l’individu. L’être social est consubstantiel de la construction identitaire. Faire le deuil de sa vie sociale, c’est être amputé d’une partie de soi-même et c’est inacceptable. Cette injustice extrême les a entrainés dans une spirale infernale jalonnée de pièges et d’embûches, ils sont devenus invisibles, inexistants, discrédités, soupçonnés d’être les auteurs de leur situation, les responsables du malheur d’autrui et de leurs proches alors qu’ils ne sont que des victimes sacrifiées sur l’autel des dictats économiques qui régissent les politiques actuelles. 
Je fais partie des indignés qui n’acceptent pas la violence du silence et e je souhaite que le film réveille un petit peu les consciences et soit un lanceur d’alerte."

Un documentaire de Pascale Fournier
Coproduction Plan Large Production et France Télévisions - France 3 Pays de la Loire
Durée : 52'

Samedi 7 mars à 15h20 sur France 3 Pays de la Loire, Bretagne et Centre

Vendredi 27 mars à 8h50 sur France 3 Pays de la Loire, Bretagne, Centre, Paris-Ile-de-France, Haute et Basse Normandie

A voir et à revoir en rediffusion sur Francetvpluzz

 Commentaire SeniorFlex:

A voir absolument ! Remarquable travail criant la vérité que nos gouvernements cachent !

 

 

Analyse d'une enquête présentée lors  du séminaire de l'association"Force Femmes"

Les femmes de plus de 45 ans toujours discriminées à l'embauche

Elles sont dans la force de l'âge et pourtant les employeurs les regardent avec défiance.
Les femmes de plus de 45 ans en recherche d'emploi restent victimes de stéréotypes tenaces, selon une enquête* menée pour l'association Force Femmes révélée ce jeudi.

Deux tiers des cabinets de recrutement admettent même que leur apparence physique peut être un frein à leur embauche. Coût salarial, mauvaise connaissance des nouvelles technologies, manque de dynamisme, temps restant à travailler au sein de l'entreprise trop court, leur sont le plus souvent associés.

Ces stéréotypes sont partagés à la fois par les cabinets de recrutement, les DRH et les femmes, qui intègrent ces préjugés, jusqu'à s'autocensurer dans leurs démarches, relève l'association qui accompagne les femmes de plus de 45 ans dans leur recherche d'emploi ou de création d'activité.

L'âge, un facteur discriminant

Les résultats de l'enquête, analysés par Ipsos, ont été débattus jeudi lors d'un séminaire, organisé par Force Femmes, en collaboration avec le ministère du Travail, sur les enjeux sociologiques, démographiques et économiques de la mixité professionnelle et les initiatives possibles pour favoriser l'intégration des femmes de plus de 45 ans dans l'emploi.

Près de 300 professionnels de l'emploi devaient y participer, en présence de la ministre du Travail Myriam El Khomri et de Pascale Boistard, secrétaire d'Etat chargée des Droits des femmes.

La moitié des cabinets de recrutement et 76% des femmes interrogées se rejoignent sur un point: l'âge peut être un facteur discriminant et un frein dans une recherche d'emploi.
En revanche, 68% d'entre elles estiment que le fait d'être une femme n'en est pas un.

Elles s'autocensurent

Elles sont aussi 64% à ressentir des freins personnels dans leur projet professionnel, comme le manque de confiance en soi et en ses compétences.
Près 76% des cabinets de recrutement pensent que ces femmes font preuve d'autocensure et 47% considèrent qu'il est difficile de «placer une femme de plus de 45 ans».

Les DRH sont 57% à préférer ne pas voir l'âge indiqué sur les CV et 81% estiment que le CV ne devrait pas être anonyme.

Les recruteurs reconnaissent toutefois des avantages à ces profils: expérience, autonomie, organisation, capacité de recul. Et les femmes en ont conscience: 60% se déclarent confiantes en l'avenir.

Enfin, la majorité des femmes interrogées, dont plus de la moitié étaient au chômage depuis plus d'un an, accepteraient de faire des concessions sur le salaire (68%) ou la durée du contrat (62%) pour retrouver un emploi.

*Enquête réalisée entre le 18 mars et le 29 mai auprès de 83 DRH, 51 cabinets de recrutement et 776 femmes de plus de 45 ans au chômage.

 

Commentaire SeniorFlex:

Beaucoup de nos membres se reconnaitrons dans cette analyse. Si suite aux actions pour la diversité, être femme est de moins en moins un handicap, l'age demeure un critère de discrimination inadmissible!

 

L'association Assppro aide les plus de 45 ans sans emploi à se réinsérer professionnellement.
Elle organise un café-rencontre sur le thème de l'auto-entreprenariat, jeudi 10 septembre à Saint-Herblain.

Dès le jeudi 10 septembre, l'association Asppro propose un premier café des actifs, avec deux interventions de sensibilisation pour les seniors en recherche d'emploi. Frédérique David, déléguée de la fédération auto-entrepreneur de l'Ouest informera le public des nouvelles dispositions de la création d'auto-entreprise et Sylvie Barat présentera, la création personnalisée de son CV, en vidéo.

 

« Selon une récente étude, précise Jean-Yves L'Anton, fondateur de l'association Asspro, les plus de 50 ans représentent désormais 31,6 % des chômeurs de longue durée, 91 % des entrepreneurs accompagnés sont aujourd'hui insérés sur le marché du travail.
Et la création d'une auto-entreprise se complique. »

« C'est devenu complexe »

Depuis janvier 2015, de nouvelles contraintes sont en vigueur pour les créateurs d'auto-entreprise.
« Elles concernent les métiers de l'artisanat seulement. Finie l'époque où le nouvel auto-entrepreneur déclarait tout simplement son entreprise. Aujourd'hui, il doit effectuer un stage de quatre à cinq jours à la Chambre de métiers, un SPI (Stage préparatoire à l'installation)
Pour suivre cette formation obliga
toire, il lui en coûtera entre 200 et 400 €. »
Au plan national, on constate une chute des créations d'auto-entreprise pour le second trimestre 2015 de 22,1 %.

« C'est devenu complexe, ajoute Frédérique David, mais heureusement la Chambre de métiers de Loire-Atlantique a su adapter le dispositif, pour raccourcir les délais d'attente des entrées en formation, le contenu du stage, et propose un véritable travail interactif. C'est une chance énorme ! »

Le 10 septembre, elle encouragera les demandeurs d'emploi à créer leur entreprise en leur indiquant tous les conseils utiles : « C'est un état d'esprit, mais ce n'est pas une aventure les yeux fermés. C'est passionnant, mais pour réussir, il faut connaître les contraintes et les perspectives, avant de décider le statut juridique de sa future entreprise. C'est la clé, choisie dans un trousseau plus riche qu'on l'imagine ! »

Jean-Yves l'Anton informe que leur partenaire Randstad et plusieurs de ses conseillers seront présents au café des actifs. Ils recevront les candidats (tertiaire-industrie et logistique). Les personnes devront s'inscrire au début du café.

Jeudi 10 septembre, de 15 h 30 à 18 h, au restaurant La Fantasia de Marrakech, 332, boulevard Marcel-Paul, à Saint-Herblain. Sortie porte d'Armor. Tram L1, station François-Mitterrand. Gratuit.

Contact. Carré des Services, 15, rue d'Arras, à Saint-Herblain ; Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Lire aussi: L'Asspro calme la douleur du chômeur

A propos

Nous sommes des femmes et des hommes de bonne volonté, luttant en Belgique et en France, depuis 2003, contre la discrimination par l'âge dont font l'objet les seniors et pour la liberté de choix de ceux qui désirent continuer à exercer une activité lucrative après 45 ans, sans subir rejets, préjugés, pénalités ni contraintes administratives.

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