FRANCE

Ceci est un extrait de l’interview de Myriam El Khomri
                             tiré de notre dossier interactif Vieillir en 2016, c’est grave ?

La ministre du Travail Myriam El Khomri maintient son soutien au Contrat de génération de François Hollande, qui doit battre en brèche « les représentations sociales, culturelles, qui existent dans notre société et qui jouent un rôle dans les difficultés rencontrées par les seniors sur le marché de l’emploi ».

Quelle est la part des seniors dans le monde du travail ?
Elle est de 59,4 % au deuxième trimestre 2015. Ce taux progresse depuis plus de 10 ans, y compris pendant la crise.
Il faut cependant noter que la part des seniors dans le monde du travail en France est plus basse que la moyenne européenne.

Pourquoi tant de difficultés à retrouver un emploi pour cette catégorie de personnes ?
Six mois après leur entrée au chômage, moins d’un quart des seniors aura repris un emploi, contre 37,4 % en moyenne toutes classes d’âge confondues. Comment l’expliquer ?
D’abord, par les représentations sociales, culturelles, qui existent dans notre société et qui jouent un rôle dans les difficultés rencontrées par les seniors sur le marché de l’emploi.
Pour certains employeurs, un senior serait moins productif, engendrerait un coût salarial bien plus important…

Vu l’évolution de la société, est-il encore pertinent d’être considéré comme un senior entre 45 et 50 ans dans le monde du travail ?
Derrière le terme senior, on associe des représentations, celles que j’évoquais, qui freinent l’évolution des seniors dans le monde du travail.
Un salarié qui a derrière lui des expériences, des compétences variées, une connaissance du monde professionnel dans lequel il évolue est une chance pour une entreprise et le collectif de travail.
Valoriser ces atouts, c’est le sens des contrats de générations mis en place par ce gouvernement.

Retrouvez l’intégralité de cette interview dans notre dossier interactif  Vieillir en 2016, c’est grave ? disponible sur la boutique en ligne de respectmag.com.


En savoir plus sur http://www.respectmag.com/18174-myriam-el-khomri-pour-certains-employeurs-un-senior-serait-moins-productif#yfoPVrTHXoKMyJPw.99

France

En décembre, le nombre de demandeurs d'emploi en catégorie A a progressé de 15.800 sur un mois. Sur l'ensemble de l'année 2015, la hausse est de 90.000.

Pour enrayer cette mauvaise dynamique, François Hollande avait dévoilé un plan pour l'emploi au début de la semaine dernière, avec une prime à l'embauche de 2.000 euros pour les TPE-PME et la formation de 500.000 chômeurs. Des mesures qui n'ont pas franchement convaincu les économistes.

Commentaires SeniorFlex:

Former 500 000 chômeurs - bravo mais les former à quoi ?
Où sont les formateurs, où sont définies les formations des métiers de demain, car il faut former à des métiers nouveaux ou indispensables pour les entreprises (Nota : plus de 45 000 postes non pourvus dans les métiers manuels !)
Prime à l'embauche ? Insuffisante pour motiver un chef d'entreprise, qui, lui, veut plus de souplesse dans le contrat de travail afin de pouvoir coller aux évolutions économiques et à celles des marchés pour pérenniser sa société. Par ailleurs, il faut que la croissance reparte pour créer de la demande et donc créer des emplois !

Financer le travail et non le chômage a toujours été notre approche mais il faut aussi créer les conditions de travail et de créations d'emploi !

 

 

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Interview de la Présidente de Old'UP

à l'occasion du Colloque que l'association organise ce samedi 10 octobre au Conseil Economique et Social à Paris

Par Pascale Senk - le 06/10/2015

Après 80 ans, les seniors d'aujourd'hui sont des pionniers : ils ont à donner du sens à une tranche de vie qui n'existait pas.

«L'un de nos grands problèmes, ce sont les chaussures!», confie dans un rire Marie-Françoise Fuchs.
«Franchement, celles qui sont conçues pour les femmes âgées sont moches, non?
Alors les vraies questions qui se posent à nous, c'est: comment allier sécurité et maintien d'une belle image de soi? Comment éviter la chute malgré des escarpins vraiment mode?»

Le quotidien des «plus vieux d'entre les vieux», cette femme plus qu'octogénaire le connaît bien.
Fondatrice de l'association Old'Up (dont la baseline est: «Plus si jeunes mais pas si vieux») qui, depuis huit ans, invite ses membres à «s'approprier leur vieillissement et à l'utiliser», elle n'a aucun mal à employer ce terme qui fâche, tout en ne déniant pas l'affaiblissement général auquel il contraint.
Bien au contraire, elle invite à le regarder de pleine face pour en faire quelque chose.
«Après 75 ans, c'est un “deuxième temps” de la retraite», explique-t-elle.
«Le plus souvent, les conditions physiques ne permettent plus de s'investir comme avant auprès des petits-enfants, on change évidemment de rythme. C'est le moment où l'on se demande: y a-t-il une vie après celle de grand-parent?»

«Vieillissement durable»

Car si l'investissement familial diminue, les octogénaires peuvent toutefois aller à la rencontre de ce continent qui s'ouvre devant eux: un «vieillissement durable».
«Beaucoup d'amis, de connaissances que l'on avait, sont partis», constate Marie-Françoise Fuchs.
«Il faut donc se créer de nouveaux réseaux, trouver de quoi être encore acteur dans la société, servir… Il s'agit de donner du sens et de l'utilité à cet allongement de vie qui va concerner de plus en plus d'entre nous.»

«Comment l'esprit vient aux vieux» est d'ailleurs le thème du colloque* à venir conçu par ces «apprentis centenaires» bien décidés à se libérer des images normatives attachées à la vieillesse, qui «est toujours une construction sociale et reste en réalité à réinventer», comme le rappelle Frédérique Savona, ingénieure sociale qui s'est immergée pendant trois ans dans l'association, assistant aux ateliers de réflexion qui s'y tiennent - «oser vieillir», «le sens de ma vie» ou «nous et les autres» - et réalisant des dizaines d'entretiens avec les 300 membres de l'association.

«Continuer à exister malgré mais aussi “avec” leurs fragilités»

À ses yeux, un nouveau monde est en train de naître et l'association Old'Up est l'un des fers de lance de cette révolution. « Actuellement, pour parler de vieux, la société oscille entre des images de bien vieillir à tout prix qui signifie surtout “rester jeune” et des images de dépendance, de dégénérescence cérébrale, etc., observe-t-elle.

Or, il y a un nouveau pays à explorer, ce “continent gris” où des individus encore autonomes veulent continuer à exister malgré mais aussi “avec” leurs fragilités

C'est là l'une des grandes fiertés de Marie-Françoise Fuchs: avoir fait des membres de l'association des «experts de l'âge» régulièrement consultés par la SNCF pour jauger le confort des TGV, ou devenant des représentants d'usagers dans les établissements sanitaires, ou lors de recherches sur les nouvelles technologies et les seniors…

«Notre fragilité est très utilisable dans ce type d'aménagements, se réjouit-elle.
Et j'aimerais ainsi montrer à la société qu'on peut se servir de l'expérience des plus âgés pour construire l'avenir.»
Elle évoque avec amusement en ce sens combien sa (relative) passivité a fait dire à ses enfants: «Ah, tu es plus disponible qu'avant! C'est bien, maintenant, on peut se parler!» Faire différemment, et pourquoi pas? Mieux avec ses failles, c'est là tout son credo.

«Des représentations dominantes et obsolètes»

Qu'on puisse se contenter de «distraire» les personnes âgées à coup d'après-midi ludiques ou de concours de bridge dans les maisons de retraite désole cette militante de l'apprentissage à vie: «Pourquoi ne pas leur proposer des cours plutôt?» Il y a d'ailleurs une dimension d'apprentissage dans ces groupes de l'association où le collectif restaure l'identité de chacun. Frédérique Savona considère «y avoir mesuré combien c'est une première étape nécessaire que de se demander “comment être soi”, hors des représentations dominantes et obsolètes, ainsi que l'on apprend dans les groupes Old'Up.
Libre ensuite à chacun d'investir d'autres terrains.»

De son immersion chez les octogénaires, la jeune chercheuse a ramené aussi un changement très personnel:
«Je ne regarde plus l'âge d'une personne que je rencontre, et je ne pense plus “vieille” si elle a des cheveux blancs ou un corps fatigué, affirme-t-elle.
Peut-être parce que je sais qu'elle a été comme moi… Et parce qu'un jour je serai comme elle.»

* Colloque qui se tiendra le samedi 10 octobre au Conseil économique et social, 9, place d'Iéna, 75016 Paris.
Programme et infos: www.oldup.fr

Ouverture du séminaire de restitution de l’étude Force femmes / DGEFP sur le retour à l’emploi des femmes de plus de 45 ans

Discours de Myriam El Khomri, Minsitre de l'Emploi

Madame la présidente, chère Françoise Holder
Madame la déléguée générale, Emmanuelle Wargon

Mesdames et Messieurs,

Je suis très heureuse d’être parmi vous aujourd’hui.
Je suis d’autant plus heureuse de m’exprimer sur un sujet qui m’est cher, un sujet qui touche à l’égalité et notamment l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes.

Je partage votre objectif : nous devons collectivement porter l’égalité de toutes et tous dans l’accès à l’emploi.
Et plus encore pour les femmes de plus de 45 ans

Votre étude touche du doigt une réalité du marché du travail dont on ne peut ignorer les mécanismes de domination et qui créent des inégalités fortes entre les hommes et les femmes :

- Les femmes sont les premières victimes du chômage et de l’emploi précaire. Cette inégalité est encore plus vraie lorsqu’elles arrivent à un stade avancé de leur carrière.

- Le taux d’emploi des femmes de 20 à 64 ans est toujours inférieur à celui des hommes (67% contre 76 %), et à temps de travail équivalent, il demeure encore un écart de salaire de 24% entre femmes et hommes.

Les salariés les plus âgés connaissent de plus grandes difficultés d’insertion : depuis 2008, le nombre de demandeurs d’emploi séniors a augmenté plus vite que pour les autres tranches d’âge et ce, de manière continue.
Et la probabilité de retour à l’emploi des seniors est deux fois plus faible que les autres ; conséquence, les chômeurs de longue durée sont surreprésentés parmi eux.

C’est une injustice. Et face à cette injustice nous devons apporter des solutions à la hauteur des enjeux et répondre concrètement aux problématiques qui se posent aux femmes.

L’enjeu est de taille car si nous ne menons pas ensemble une action efficace et crédible, la reprise économique dont nous commençons à ressentir les effets positifs risque de laisser de côté les plus âgées et les plus fragiles.

Je veux à ce titre saluer l’étude de Force femmes, une étude précieuse et utile sur l’emploi des femmes de plus de 45 ans. Elle permet de croiser les regards de femmes venues d’horizons différents : des femmes de plus de 45 ans éloignées de l’emploi, des DRH d’entreprises et de cabinets de conseil.

Cette étude met en avant un certain nombre de freins aux recrutements qui existent à tous les niveaux :

- Le premier frein, ce sont les stéréotypes qui entretiennent les appréhensions des recruteurs.

Il existe une véritable discrimination en matière d’âge et cela participe à exclure les femmes de plus de 45 ans du marché du travail. Notamment en raison des appréhensions en matière d’intégration ou de gestion de différentes classes d’âge dans l’entreprise et de risques de conflits ;

Et au-delà des compétences, on préjuge souvent de l’attitude des femmes et leur capacité d’adaptation à de nouvelles pratiques professionnelles, à l’apprentissage de langues étrangères ou parfois à la maîtrise des nouveaux outils numériques.

- Le deuxième frein, c’est l’autocensure des femmes qui ont intégré les préjugés :

Je sais combien les femmes se projettent moins que les hommes à des postes de responsabilités. Il y a une forme d’autocensure qui empêche les femmes de prendre des responsabilités. Nous devons les y encourager. C’est aussi la responsabilité des entreprises de promouvoir et de valoriser le travail des femmes, à travers des formations adaptées – et notamment en matière de confiance en soi, mais aussi en aménageant les temps de travail.

J’en suis convaincue, c’est une évidence même, et les recruteurs le reconnaissent, les femmes de plus de 45 ans présentent de nombreux atouts : l’expérience, l’autonomie et la capacité de recul.

Aujourd’hui, plus la taille des entreprises est grande, moins les femmes occupent des postes de direction.
Ça n’est plus acceptable. Leur représentation au sein de l’entreprise doit nous préoccuper toutes et tous.

A l’image des entreprises privées cotées en bourse et les entreprises publiques ou nous avons exigé, par la loi, l’obligation de 40% de femmes au sein des conseils d’administration et des conseils de surveillance. Nous devons aller plus loin encore.

La mobilisation doit être collective : d’abord de l’Etat mais aussi des entreprises pour déconstruire ces préjugés et ces appréhensions pour défendre l’égalité et l’accès à l’emploi pour toutes et tous.

Le Gouvernement est pleinement mobilisé pour lutter efficacement contre les discriminations dans l’entreprise. Le 19 mai dernier, 13 mesures ont été annoncées sur la base du rapport du groupe de dialogue inter-partenaires présidé par Jean-Christophe Sciberras. Elles poursuivent deux objectifs :

- Le premier, c’est d’aider les employeurs à prendre conscience des discriminations, qui existent parfois sans qu’ils en soient conscients.
C’est le sens de la grande campagne de testings que nous allons lancer prochainement. L’enjeu est de conduire les entreprises à analyser leur processus de recrutement, et les discriminations qui peuvent en résultent, et d’agir par des plans d’action dédiés, élaborés avec les partenaires sociaux.

L’entreprise besoin de « différence ». La diversité est une richesse. Voilà pourquoi il ne faut pas voir cette question que sous l’angle de l’engagement social. Elle doit être le résultat d’une gestion des ressources humaines efficace et éclairée.

- Le deuxième objectif est de donner les outils adaptés aux entreprises, notamment au niveau du recrutement, pour leur permettre de mettre en place ces plans d’actions.
L’enjeu est de trouver la méthode qui correspond le mieux au poste et au secteur, pour sélectionner le meilleur profil en limitant l’impact des stéréotypes.

- Pôle Emploi aura un rôle central à jouer auprès des employeurs : il devra les informer, mais aussi leur proposer des outils d’appui RH, via les nouveaux conseillers entreprise.

De son côté, l’Etat a mis en place des outils pour faciliter l’embauche de séniors dans les entreprises :

- Le contrat de génération

- Les contrats de professionnalisation « nouvelle carrière » : il permet à des demandeurs d’emploi ayant bénéficié d’une longue expérience professionnelle et d’adapter leurs compétences.

Les entreprises doivent se saisir de ces contrats.
Elles ont besoin et doivent se nourrir de la diversité. Embaucher un sénior n’est pas qu’un engagement social, c’est aussi un gage d’efficacité, une richesse qui doit être reconnue.
Nous devons mieux valoriser et reconnaitre les parcours et les compétences.

Mais les entreprises doivent aussi s’engager pour assurer l’égalité entre les femmes et les hommes dans le monde du travail.
Cela passe par une démarche de mixité et une organisation du travail qui ne fait pas peser de contraintes sur l’évolution professionnelle des femmes. Les entreprises ont une responsabilité majeure.
Elles ont d’ailleurs des comptes à rendre dans le cadre de leur politique de RSE (responsabilité sociale et environnementale).

Avec Marisol Touraine et Pascale Boistard, je compte lancer une mission d’analyse de l’écart de rémunération entre les femmes et les hommes. Elle aura pour objectif d’éclairer les origines et manifestations de cet écart, et de faire des propositions pour faire reculer cette discrimination salariale pure à l’encontre des femmes.

Nous devons mener une action déterminée pour lutter efficacement contre les discriminations dans l’entreprise tout en assurant l’accès à l’emploi des séniors et l’égalité entre les femmes et les hommes. C’est une question de performance économique mais c’est aussi une exigence morale : les femmes ont toutes leur place dans l’entreprise.

Elles doivent pouvoir accéder à l’emploi. Et dans l’entreprise, elles doivent pouvoir se projeter sur l’ensemble de la hiérarchie – y compris aux postes de direction.

Il nous reste du chemin à parcourir mais vous pouvez compter sur ma mobilisation et ma détermination.
Et je sais aussi pouvoir compter sur votre engagement. Je vous remercie.

 

A propos

Nous sommes des femmes et des hommes de bonne volonté, luttant en Belgique et en France, depuis 2003, contre la discrimination par l'âge dont font l'objet les seniors et pour la liberté de choix de ceux qui désirent continuer à exercer une activité lucrative après 45 ans, sans subir rejets, préjugés, pénalités ni contraintes administratives.

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