FRANCE

Loire-Atlantique: Le chômage des seniors ne cesse d'augmenter, des initiatives pour y remédier

Ils étaient près de 40.000, fin avril, à être à la recherche d’un emploi sans avoir travaillé du tout (catégorie A).

Encore davantage qu’en mars et surtout 8 % de plus que l’an dernier, à la même époque, selon les derniers chiffres de Pôle Emploi.
En Pays de la Loire, les plus de 50 ans sont les moins bien lotis en matière d’accès à l’emploi. 
Contrairement aux idées reçues, même le taux de chômage chez les jeunes n’a pas augmenté autant que celui de nos aînés… qui tentent de s’organiser.

Pays de la Loire: Le chômage n’a jamais été aussi haut depuis 15 ans

une solution expérimentale : « Senior academy »

« Face à un junior, avec des qualifications moindres, le candidat senior est vu comme moins malléable, mais aussi plus exigeant en terme de salaire, constate Joëlle Martin, chargée de mission à la Face44.
Il y a beaucoup d’idées reçues qui freinent leur embauche. »

A tel point que son association a lancé, il y a trois ans, l’opération « senior académy », à Nantes et Saint-Nazaire.
Déjà 70 quinquagénaires ou plus ont été accompagnés, par des parrains issus d’entreprises partenaires, sophrologues ou coachs, pour travailler sur la recherche d’emploi mais aussi sur l’estime de soi.
Et le résultat semble concluant : 60 % des candidats ont retrouvé un contrat d’au moins six mois !

Vision très large de l'emploi

« Même si c’est difficile, il faut faire le deuil de son expérience passée, essayer de mettre de la solidarité et de l’humain dans sa démarche, ce que l’on ne trouve pas dans les circuits traditionnels de retour à l’emploi », estime Jean Yves L’Anton, qui, comme beaucoup de seniors au chômage de la région, a connu un licenciement économique avant de créer l’association Asspro, qui organise un forum spécialement dédié à ces publics le 18 juin prochain, à la Trocardière.

« Avec la crise des secteurs de l’industrie et du bâtiment, toujours plus de membres nous rejoignent (2.200 actuellement). On leur dit de considérer l’emploi sous une vision très large. Les CDI, les CDD, mais aussi toutes les autres opportunités avec lesquelles on peut s’en sortir : les coopératives, l’intérim, l’auto-entreprenariat, la vente directe… »

Pays de la Loire: Les entreprises du bâtiment craignent une nouvelle baisse d’activité pour 2015

Reprendre de zéro

Pour beaucoup, il faut parfois tout reprendre de zéro. Car après 20 ou 30 ans de carrière dans une même entreprise, difficile de maîtriser les codes d’un marché qui a totalement changé.
« Certains découvrent la recherche d’emploi, la rédaction de CV, les entretiens… constate Joëlle Martin.
Pour d’autres, il faut envisager une reconversion professionnelle.
Que peut faire un électricien de 50 ans désormais sujet à des problèmes de santé ?
On est là pour aider ces personnes à pousser de nouvelles portes en identifiant leurs compétences. »

 Asspro est membre de la Fides tout comme SeniorFlex qui salue les nombreuses initiatives de cette association

 salon

logo salon

Notre partenaire, membre de la Fides L'association ASSPRO, participe à l'organisation le 18 juin à REZE (44 Nantes) du 4ème salon régional des Quadras Quinquas+ à destination des personnes de plus de 40 ans en recherche d'un emploi, d'un complément d'activité qui créent leur emploi, créent ou reprennent un commerce, une entreprise

Cette année une soixantaine d'exposants seront présents.

Apporter son cv, entretiens de recrutement sur place

En savoir plus www.quadras-quinquas.com

Voir le site site http://quadras-quinquas.com/?page_id=317

 

Félicitations à cette association particulièrement dynamique dans l'aide au seniors en recherche de job

Le préfet de l’Eure, René Bidal, a signé, mardi, le 400e contrat de génération dans le département avec l’entreprise de transformation de matières plastiques Dedienne, basée à Saint-Aubin-sur-Gaillon

« Le contrat de génération est un carrefour entre la jeunesse et le senior.
Il permet à un entrepreneur de sauvegarder l’emploi d’un senior d’au moins 55 ans s’il est travailleur handicapé ou d’au moins 57 ans, en recrutant un jeune de moins de 26 ans ou de moins de 30 ans s’il est travailleur handicapé en CDI »
, explique le préfet.
Le dispositif permet aux entreprises de moins de 300 salariés d’obtenir une aide financière de 4 000 €, versée pendant trois ans, soit la somme de 12 000 € pour l’embauche d’un jeune en CDI.

Une procédure simplifiée

« La loi a été modifiée fin 2014. Aujourd’hui, l’entreprise peut embaucher un jeune et un senior en CDI.
Ce double recrutement lui permet de voir son aide doublée pendant trois ans, soit 24 000 € »
, indique Guillaume Rueda, directeur de Pôle emploi à Vernon.
Depuis mars 2015, la procédure a été simplifiée pour encourager la conclusion de contrats de génération et s’élargit aux recrutements de jeunes en contrat d’apprentissage.

Une transmission des savoirs ?

Le contrat de génération n’est pas seulement synonyme de transmission des savoirs. 
« Les intérêts pour une entreprise de recourir à un tel dispositif sont multiples. Il peut s’agir d’embaucher de nouveaux talents, de transmettre des savoir-faire, de maintenir des compétences en interne, voire, pour son responsable, d’accompagner la transmission de l’entreprise », détaille le préfet.
Cette transmission des savoirs n’est cependant pas obligatoire. Le jeune et le senior peuvent être embauchés sur des postes, des emplois ou des qualifications différentes. 
« Mis en place en 2013 pour lutter contre le chômage des jeunes et des seniors, ce dispositif d’aide à l’emploi vise à créer des binômes jeune-senior pour encourager l’embauche des jeunes et garantir le maintien dans l’emploi des seniors. Dans l’Eure, depuis le démarrage du dispositif, 75 % des demandes d’aide sont déposées par les entreprises de moins de 50 salariés. Ce sont donc essentiellement de petites entreprises qui en bénéficient », conclut René Bidal.

Le microcrédit au service de la création d’entreprise serait-il source d’employabilité ?

C’est ce qu’affirment le Bureau international du travail (BIT), la Caisse des dépôts et la Direction générale de la cohésion sociale, qui sont réunis à Bercy ce matin, mardi 3 février, pour présenter leurs réflexions pour décupler cet impact.

Les scénarios qu’ils ont élaborés s’appuient sur les résultats d’une enquête CSA réalisée à leur demande en 2013-2014 auprès de 4 020 créateurs ou repreneurs d’entreprise qui ont bénéficié d’un accompagnement ou financement d’un des cinq réseaux dédiés (dans l’ordre d’importance : boutiques de gestion, Initiative France, ADIE, France Active et Réseau entreprendre).

Selon cette étude, la création d’entreprise, soutenue à la fois par un microcrédit et par un accompagnement qualitatif, est une voie royale vers l’insertion professionnelle.

En effet, 89 % d’entrepreneurs ex-chômeurs qui ont créé ou repris leur entreprise en 2010 avec un microcrédit sont toujours « au travail » trois ans après. 48 % de ceux qui percevaient un minima social lors de la création de leur activité n’en ont plus besoin.

Une employabilité renforcée pour tous

Et plus globalement 91 % des créateurs/repreneurs d’entreprise tous profils confondus, s’ils ont été accompagnés par un microcrédit, sont toujours insérés sur le marché du travail trois ans après le début de leur activité : 77 % à la tête de leur entreprise, 13 % en emploi et 1 % retraités.

La création d’emplois est là : en moyenne 2,6 postes ont été créés ou repris pour chacune des entreprises pérennisées.
L’employabilité aussi : même ceux qui ont échoué affirment avoir gagné en compétences.
La quasi-totalité (89 %) estime avoir acquis ou approfondi leurs compétences : 77 % en comptabilité, 76 % en commercial, 69 % en administration et 68 % en marketing.

Quant à la qualité de l’emploi : 72 % des salariés des entreprises ainsi créées ou reprises sont aujourd’hui en contrat à durée indéterminée. De quoi faire rêver les jeunes en mal d’insertion professionnelle durable.

Bilan contrasté

Pourtant le bilan de l’étude est contrasté : « la pérennité de ces entreprises est élevée », remarque Bernd Balkenhol, professeur à l’Université de Genève et consultant pour le BIT. Puisque 77 % des entreprises ainsi crées sont toujours en activité au bout de trois ans (75 % pour les entreprises créées et 89 % pour les entreprises reprises).

Mais quelle est la qualité de l’activité des micro-emprunteurs ?
« Ces créations d’entreprise ne sont pas forcément synonymes de création de richesse », commenteM. Balkenhol. « 79 % des entrepreneurs qui ne comptabilisaient aucun salarié au moment de la création/reprise n’ont pas embauché par la suite » indique l’étude CSA.
Et « de nombreux entrepreneurs [60 %] se plaignent de l’insuffisance de leurs revenus » ajoute M. Balkenhol. Quasiment les trois quarts des créateurs d’entreprise (74 %) encore en activité reconnaissent, par exemple, ne pas réussir à épargner.

Chez nos voisins européens, la limite de l’insertion professionnelle par l’auto-emploi a été mise en évidence au Royaume-Uniles micro-entreprises sont devenues une planche de salut pour de nombreux chômeurs.
Cette évolution a ainsi été qualifiée de « faiblesse » par la Banque d’Angleterre qui voit dans les autoentrepreneurs des employés déguisés ne percevant qu’une partie de leurs précédents revenus avec une protection sociale diminuée.

Une expérience « à refaire »

La question de leur protection sociale appelle « des réponses concrètes, rapidement » remarque le BIT, qui conclue son étude en demandant aux entrepreneurs leur propre bilan de l’expérience : « satisfaisante » répondent-ils pour la grande majorité. Elle serait même « à refaire » pour 81 % de ces micro-emprunteurs. De leur avis c’est l’accompagnement qui doit être renforcé.

Le rôle des réseaux et de l’accompagnement est jugé déterminant par la grande majorité des entrepreneurs qui regrettent l’insuffisance de ce même accompagnement une fois l’entreprise créée (ou reprise). 70 % d’entre eux déclarent avoir été aidés au moment de la création/reprise, mais 46 % seulement disent avoir bénéficié d’« un suivi ».

Pour Bernd Balkenhol, coauteur de cette note, « il faut trouver une solution au coût de l’accompagnement, qui est aujourd’hui couvert en partie par l’Etat ou le bénévolat et renforcer les partenariats public-privé ».
C’est l’objectif des réflexions sur les pratiques du microcrédit présentées mardi au colloque européen de Bercy qui ouvrent le débat sur son avenir en France et en Europe. « Rien ne dit qu’il existera encore en 2030… sous sa forme actuelle » concluent Bernd Balkenhol et son coauteur Georges Gloukoviezoff.

« Avec 46 000 microcrédits professionnels par an en France, ce dispositif reste de taille relativement modeste » indiquent les auteurs de la note « Le microcrédit en France et en Europe en 2030 » présentée ce mardi au colloque. L’inspection générale des finances estime la demande insatisfaite à 190 000 prêts. D’où l’idée de renforcer le soutien à ce type d’entrepreneuriat pour en favoriser les effets positifs sur l’emploi.

Les trois scénarios avancés pour ouvrir le débat :

1- « Industrialisation et prise de pouvoir des banques » : développement rapide du microcrédit professionnel, automatisation de la gestion, ciblage des clients les plus rentables. Le secteur perd progressivement sa spécificité d’individualisation des réponses.

2- « Professionnalisation du secteur et pouvoirs publics stratèges » : Un code de bonne conduite est appliqué au niveau européen, une contribution fiscale est demandée aux établissements financiers, seuls les acteurs les plus vertueux sont financés. La dépense devient investissement.

3- « Automatisation du secteur » : la régulation bancaire s’intensifie, les organismes de microcrédit diversifient leurs services « low cost », les pouvoirs publics supervisent à distance et renforcent les subventions de l’accompagnement.

A propos

Nous sommes des femmes et des hommes de bonne volonté, luttant en Belgique et en France, depuis 2003, contre la discrimination par l'âge dont font l'objet les seniors et pour la liberté de choix de ceux qui désirent continuer à exercer une activité lucrative après 45 ans, sans subir rejets, préjugés, pénalités ni contraintes administratives.

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